Veux tu bin me dire pourquoi tu fais du triathlon?…
Chaque fois que je dis que je m’entraîne pour des triathlons, l’imaginaire des gens passe directement vers l’Ironman. C’est effectivement mon but ultime mais je ne suis pas encore rendue là. Je fais tranquillement mon chemin vers ce défi mais la route n’est absolument pas linéaire…plutôt comme une vallée interminable…il y a des hauts, des bas, des moments creux de plateau où je stagne mais aussi des plateaux exceptionnels de performances.
La vérité, c’est que le sport a toujours fait partie de ma vie; si je ne bouge pas, je ne suis pas du monde…je ne le suis déjà pas d’avance alors il faut vraiment que je reste active. Il y a aussi le fait que je fais de l’arthrose…si je ne bouge pas, mes articulations sont très douloureuses. Elles le sont aussi quand je bouge mais c’est vraiment moins pire avec le sport. Bref, je suis certaine que je suis TDA…et je pense qu’il y a un H là-dedans à quelque part (un H, comme dans mon nom…mais lui il sert à quelque chose au moins)
On me demande en fait POURQUOI faire du triathlon…bin celle-là, elle est facile à répondre. Le triathlon, c’est la combinaison de trois sports individuels que je pratique déjà depuis longtemps; la natation, le vélo et la course. Donc ça s’est fait naturellement. En triathlon, tu dois être bon dans tout, excellent dans rien. Pis ça, je suis pas mal experte dans ce domaine…bonne dans toute…excellente dans rien.
La natation
La natation, c’est MON sport. J’ai toujours nagé. Plus jeune, je faisais de la nage synchronisée parce que j’aimais danser mais jetais plus à l’aise dans l’eau que sur terre. Le fait de combiner les deux, c’était l’idéal pour moi. Il y a le fait aussi (assez important merci) que je pouvais me prendre pour la Petite Sirène (des fois je pense encore que je le suis haha! Heureuse et libre dans l’eau…je me tord les chevilles en marchant en gougoune 😑)
Quand j’ai été admise à l’Université Laval, je rêvais de faire partie du Rouge et Or natation. Je m’entraînais à la piscine du stade olympique (quelle magnifique piscine inspirante). Quand j’ai vu à quoi ressemblait la vie des athlètes de haut niveau, j’ai laissé faire et j’ai rejoint les maîtres nageurs du PEPS. Avec mon background de sauveteur et de nageuse synchronisée, je n’ai pas eu de difficulté à suivre les entraînements. On m’a même dit un jour que j’avais raté ma carrière d’athlète. Je l’ai absolument pris comme un compliment et j’ai répondu : « Peut-être mais, j’ai probablement plus de plaisir avec vous que dans une atmosphère malsaine, axée sur la performance. »
Aujourd’hui, je suis encore dans les maîtres (après une pause de natation d’environ 10 ans). Je fais partie du club des maîtres nageurs d’Amqui et j’ai énormément de plaisir. Nous sommes quelques uns plus crinqués que les autres à participer aux différentes compétitions sur le circuit québécois des maîtres, mais aussi, celui des Maritimes. On est également plusieurs à nager en lac l’été. On se nomme les Matapédiens Ô(eau) libre! Une belle gang! On s’organise des sorties de groupes pour ceux et celles qui ont peur de nager en eau libre seul et on s’encourage, on s’attend et on prend le temps de se prendre en photo!
J’ai toujours aimé nager en lac. Plus jeune, on passait nos étés au chalet, dans les Laurentides. Je passais mes journées à la plage, à me baigner et à jouer avec mon épaulard gonflable. D’ailleurs, je me suis endormie dessus une fois, les pieds dans l’eau, couchée sur le ventre…pas besoin de dire que jai cramée du dos au soleil et que j’ai eu mal plusieurs jours…Quand je partais à l’aventure de l’autre coté du Lac du Cœur, j’utilisais une veste de sécurité en tube attachée avec une corde pour nager le plus loin possible et revenir (ça c’est faux en fait…j’ai commencé a traîner une veste dans la trentaine…avant ça je faisais juste traverser le lac et je revenais….dis moi que tu es née dans les années 80 sans me dire que tu es né dans les années 80…bin c’était comme ça…)
Le vélo
Le vélo…c’est différent. Je ne suis pas une cycliste, du moins, je ne me définie pas comme tel. Nageuse et coureuse bien avant cycliste. La vérité, c’est que j’ai toujours fait du vélo…mais pour me déplacer. Ça a longtemps été mon moyen de transport de prédilection l’été. Je suis née et j’ai grandi à Montréal et j’ai eu ma première voiture à l’âge de 27 ans donc, cétait soit le transpire en commun ou le vélo. Tant qu’à transpirer en commun, je vais transpirer toute seule merci…au grand vent.
En 2011, j’ai commencé à donner des cours de spinning au Nautilus Plus une fois à Québec et ça m’a comme donné le goût de m’acheter un vélo de route. Un beau vieux Oryx orange. Hey, il avait de la gueule mon beau vélo! Il en a encore d’ailleurs parce que je l’ai toujours. Il est le seul vélo de route que la marque Oryx a conçu, pis j’ai un exemplaire! Je l’ai acheté d’une collègue qui faisait partie du Rouge et Or natation, qui voulait se mettre au triathlon, mais pour qui les projets de vie ont changé en cours de route. Elle m’a donc dit Hey! J’ai un vélo pour toi! Je te le laisse pour 700$. Quelle belle aubaine! 700$ en 2011…j’imagine c’est l’équivalent de 2000$ aujourd’hui. Pas besoin de dire que j’ai sauté sur l’occasion!
On se souviendra que j’utilisais mon vélo pour me déplacer alors je lui ai ajouté un beau porte-bagages avec ma bonne vieille sacoche de vélo que j’ai depuis que j’ai 15 ans. Je l’ai toujours d’ailleurs… J’ai installé des calles-pied. Pas des clips…nenon…des calles-pieds, avec des sangles ajustables…tsé…comme dans les gym… Imagine ça, toi…moi qui serre mes sangles sur mes souliers de course et qui roule en ville avec ça. J’ai failli me tuer je ne sais pas combien de fois aux intersections, entre 2011 et 2018, l’année où jai compris que des clips, cétait pas mal moins dangereux que je pensais…Pis on ne parlera pas de ma première expérience de triathlon (qui a fini en duathlon)…mais cette histoire mérite son propre billet ;)
Je participe maintenant à un événement de vélo à chaque année, et qui me tient à cœur, le Tour Paramédic. Celui-là aussi, je vais lui faire son propre billet mais, en gros, on roule 3 ou 4 jours, dépendement des années, avec environ 120 km par jour. Un beau défi mais qui dépoussière ta résilience et ta force mentale. Aujourd’hui, j’ai un magnifique Specialized vert brillant Peter Sagan. Je l’ai appelé Miss Sparkle Sparkle…parce qu’elle Sparkle Sparkle! Le vélo est devenu un autre moyen pour moi de me sentir libre, de profiter des belles journées ensoleillées pour me déplacer et me dépenser physiquement.
La course
La course, elle…ouf la course…relation amour-haine….depuis 2006. J’ai commencé à courir avec des souliers multisports…tsé ceux avec les semelles bin compactes qu’on mettait en éducation physique au secondaire…c’était probablement les mêmes souliers d’éducation physique que j’avais depuis mon secondaire 3….en tout cas…je ne peux pas dire que ma première expérience de course fût très agréable. Un beau matin d’été, j’ai décidé que j’allais commencer ça moi, la course à pied. Fac je me suis rendue au stade Olympique et j’ai couru sur l’esplanade, où à l’époque, il n’y avait absolument rien qui s’y passait. Aujourd’hui, il y a des shows de musique, des foodtrucks et un skate park.
Le lendemain matin…je n’ai pas été capable de déposer mes pieds par terre…j’avais tellement mal aux tibias et je ne comprenais pas ce qui m’arrivait…j’ai compris quelques années plus tard que je m’étais fait des périostites tibiales…mot qui donne absolument rien au Scrabble mais qui fait mal en ti pêché et qui est important de connaître si tu commences à courir; l’inflammation du périoste (enveloppe de l’os du tibia). On s’en reparlera dans un autre billet, promis!
J’avais donc mis sur la glace (après l’avoir mis sur mes tibias) l’idée d’un jour, courir comme Bruny Surin. Je courais juste pour le plaisir d’être dehors, à faire des tours de parc olympique sans savoir exactement quelle distance je faisais. Tsé l’époque où tu faisais juste mettre tes godasses, tes shorts et un t-shirt percé pis awaye, cours ma fille! Ah le bon vieux temps…
L’idée m’est revenue un peu de façon imposée en 2009 quand j’ai commencé à faire une tendinite dans l’épaule droite et que la natation était devenue trop pénible. J’ai donc recommencé à courir de façon plus structurée, avec des souliers fait pour ça. J’étais très bien entourée d’ailleurs, jétudiais en Intervention Sportive à l’Université Laval et j’avais des amis coureurs. Une chance qu’ils étaient là pour me guider! Je me suis éventuellement lancée le défi de courir un marathon…mais on y reviendra, promis! (Ouf…va falloir que je me souvienne de toutes mes promesses moi là…ça en fait beaucoup!) mais c’est là que la course a commencé à faire partie de mon quotidien. Aujourd’hui, je mets ma montre Garmin, ma veste d’hydratation, mon ti kit bin tight, avec mes souliers à 300$…mais j’ai un sentiment de bien-être profond après chaque sortie qui m’aide à évacuer le trop plein que je peux ressentir des fois. Une vraie thérapie!
Donc en gros, voilà la réponse au POURQUOI je fais du triathlon. Je combine mes trois sports préférés. J’en ai toujours fait dans le fond…juste de façon très séparée. Et réaliser un Ironman est un rêve que j’ai depuis la vingtaine et, maintenant que je suis dans la quarantaine, il est temps de réaliser mes rêves de jeune femme trop insécure qui n’osait pas assez.
Je réalise aujourd’hui, en écrivant ce résumé très condensé de mes trois disciplines, à quel point j’en ai fait des choses. Il manque beaucoup d’histoires autour de cet os (mes tibias vont bien maintenant en passant) mais je me dis que si je veux garder l’intérêt vivant, je suis mieux de faire de petites histoires courtes, question de t’obliger à revenir…en tout cas, c’est ça que Chat GPT m’a suggéré de faire (si je veux qu’il reste mon ami quand il va devenir le tout puissant, je suis mieux d’écouter ses conseils…si tu as déjà regardé I Robot, tu vas comprendre…)
Ok bye là! On se reparle bientôt!
Nathalie










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